Un journal à Abu Dhabi

Je partage avec vous les (quelques) pages de mon journal. Suivez mon parcours alors que je quitte ma ville natale, Montréal, pour vivre à Abu Dhabi.

mardi 10 novembre 2015

Mal du pays... ( oui... encore...)

Ces derniers jours n'ont pas été facile... Je commence de plus en plus à réaliser que ma réalité a changée. Même si je partage des photos en direct, le fait est et restera que mon entourage n'est pas près de moi pour vivre et partager ces moments. De plus, ce ne sera jamais comme à la maison... C'est une autre maison, un autre pays, une autre culture. D’où l'importance de savoir où puiser de la motivation, du courage, de la patience et de la force. Il faut baser cette source sur des faits et non sur nos sentiments... parce que le "senti" ment...
En tant que chrétienne, ma source est en Dieu et dans Sa parole. Un pasteur a écrit: "Every sunrise brings expectations. So, today I'll do something with what I'm given and not squander good desire for uncontrollable outcomes. Since the weight of regret crushes a man's spirit, I'll choose instead to embrace what God provides..." -Past. Chad Clemons

Le levée du soleil de ma chambre.

Je suis à Abu Dhabi. Et la meilleure façon de profiter au max cette aventure est... D'explorer et sortir de ma zone de confort!
Une collègue de travail m'a invitée à un buffet de fruits de mers. Ma première réponse était: "Ça ne me tente pas. En plus je ne suis pas vraiment une fan de fruits de mer... Je veux juste rester chez moi en pyjama sur le sofa." Je me suis entendu dire: " Yeah, why not?" (Oh boy...)
Le Sofra BLD est un restaurant situé à l'intérieur de l’hôtel 5 étoiles Shangri-la. L’hôtel est absolument magnifique.











Il y en avait pour tous les goûts: sushis, crevettes, huîtres, gros poissons, petits poissons (quand je vous dit que je ne suis pas une fan... je ne connais pas tous les noms!), calmars, pieuvres, etc. Il y avait aussi une station de viandes (steak, poulet...). Les desserts étaient délicieux! Bref, j'ai passé une excellente soirée en bonne compagnie, fruits de mer et vin à volonté (oui, vous avez bien lu!)
Quelques jours plus tard, j'ai décidé de faire un petit tour en ville. Il faisait autour de 30 degrés mais je tenais à marcher afin de mieux explorer les environs.



 J'ai atterri sur la Corniche : huit kilomètres donnant une vue remarquable sur le Golfe Persique comprenant des aires de jeux pour enfants, des pistes cyclables, des sentiers piétonniers, des cafés, des restaurants et la plage.





 



J'ai terminé ma promenade avec du couscous marocain.





Et finalement, j'ai fait un petit tour dans le désert pour un safari. 




Le silence qui règne dans le désert m'a fait penser au silence lors de mon aventure au camping de luxe. Du sable à perte de vue. C'était magnifique!



J'ai porté un abaya ( robe) et un shayla(châle) les vêtements traditionnels,  au camp pour une session photos.

Une petite promenade tranquille en chameau.




À notre retour au camp, le soleil se couchait tranquillement. Une fois le souper terminé, nous avons eu droit à une petite séance cinéma à la belle étoile au tour d'un feu. Malheureusement, je n'ai pas de photos de cette partie dû à un manque d'éclairage.

Je ne regrette pas d'avoir laissé place à la spontanéité. J'ai encore tant de choses à voir, à faire et à partager. J'ai de plus en plus de contrôle sur mes crises de panique. Pour l'instant ma plus grande peur est de ne pas pouvoir profiter de cette expérience parce que mon focus est sur ce que je n'ai pas (mon entourage avec moi) au lieu de vivre pleinement ma nouvelle vie. La vie est belle lorsqu'on est reconnaissant et détourne notre attention sur ce qui nous manque.
"As we express our gratitude, we must never forget that the highest appreciation is not to utter words, but to live by them" - J. F. Kennedy


vendredi 23 octobre 2015

Road trip vers Dubai

Par un bel après-midi ensoleillé, une technicienne en laboratoire, un ingénieur et une infirmière ont une faim de loup. L'ingénieur a envie de manger un plat typique de son pays. Il avait entendu parler d'un restaurant éthiopien au centre-ville d'Abu Dhabi. La technicienne trouve que c'est une excellente idée. L'infirmière se dit: "A Renovata! Pourquoi pas"




C'était la première fois que l'infirmière expérimentait les spécialités de ce pays: kitfo et tibs sur injera. L'injera est une sorte de crêpe mince sans gluten fait à base de teff. Nul besoin d’ustensile ni d'assiette. Ils mangent avec les doigts dans une grande assiette commune comme le veut la tradition.

Le repas était succulent! Avec la panse bien remplie, ils cherchaient leur prochaine activité de la journée. Ils se sont mis d'accord pour faire une petite virée à Dubai sans de plan précis. Ils mettent le cap vers Dubai en autobus. Le voyage dure deux heures.


 Entre Abu Dhabi et Dubai, il n'y a que le désert...



Arrivés à destination, ils prennent le métro vers le centre-ville.






Je dirai que Dubai me fait penser au centre-ville de Montréal en pleine heure de pointe: il y a beaucoup de gens, beaucoup de trafic. 



Vu que la petite virée n'avait pas été prévue, j'ai manqué de batterie. Ce sont les seuls photos que j'ai pu prendre. C'était une expérience intéressante dans le sens où nous avons pu visiter un peu le centre-ville seulement en ne comptant que sur la carte du métro, nos connaissances générales de la ville et en demandant au gens autour de nous. Nous avons été au  Dubai Mall, avons vu un spectacle d'eau, avons mangé dans un restaurant libanais sur une terrasse. Nos cellulaires étaient tous morts!! Nous avons vu peu mais c'était toute une aventure! Je me rend compte de plus en plus combien, les cellulaires prennent de la place dans notre société.
Nous avons pris le chemin du retour en taxi car nous avions manqué le dernier bus vers Abu Dhabi. J'étais heureuse de retrouver mon lit vers 2 heures du matin. C'est sure que je retournerai à Dubai mais cette fois ici, je compte le planifier...

vendredi 2 octobre 2015

Les Premiers ( 2ieme partie)

Ma première semaine a été épuisante. J'avais mal à la tête. Je ne dormais que quelques heures par nuit et de jour je devais me forcer afin de retenir le plus d'information possible. A la deuxième semaine, ma fatigue s'est estompée, j'avais encore des migraines mais à moindre intensité.
J'ai eu la brillante idée de faire une petite marche près de mon appartement.

Je ne comprenais pas pourquoi, il n'y avait personnes à l'extérieur... Jusqu'à ce que je me suis rendue compte que la température (36 degrés, 46 avec le facteur humidex) ne me permettait pas de flâner comme je le voudrais.

Une fois la nuit tombée, j'aurai cru que le mercure descendrait un peu... ERREUR! Peu importe l'heure de la journée, il fait chaud! Ce qui n’empêche pas de sortir pour prendre un verre entre nouvelles connaissances! 








J'ai rencontré des gens de différents pays durant mon orientation générale. Nous ne travaillons pas dans le même département mais le fait d'être arrivés durant la même semaine nous a permis de tisser des liens. C'est fou comment les liens se serrent lorsque des êtres humains se retrouvent dans une même situation. Nous avions tous nos raisons pour lesquelles nous avons décidés de vivre cette nouvelles expériences. Malgré nos différences, nous avons décidé de se soutenir l'un l'autre, surtout lorsque le mal du pays commencera à se faire sentir....

Le mal du pays...

C'est plus dure que ce que je pensais. Habiter dans un autre pays, rencontrer des gens avec des caractères différents. 
Chaque soir après le travail, je me demande encore pourquoi j'ai pris une telle décision. 
Mais à chaque matin, je suis plus que reconnaissante de cette opportunité.
J'ai juste hâte que cette phase passe.  Montréal me manque, mes amis, ma famille  me manquent. Le décalage horaire (8 heures de différence) rend tout compliquer parce que je dois attendre une heure décente avant de les contacter. J'ai juste hâte que ça passe...


D'ici là, je me contente de me rappeler que je vis une superbe expérience et je dois mettre tout mon énergie sur profiter du moment présent et me concentrer sur les raisons qui m'ont poussé à faire ce grand saut. Sortir de sa zone nous motive à être extraverti et à avoir une certaine ouverture d'esprit. Je prends le temps aussi d'explorer mon nouvel environnement:

Contempler les merveilles de ce pays dont l'Emirates Palace, par exemple, un hôtel 7 étoiles




qui a sa propre distributrice de médaillons d'or



et une superbe court arrière. (J'ai demandé au gardien de sécurité si je pouvais prendre des photos vu que l’accès était restreinte...)



Une section de mon lieu de travail. Un espace commun préféré du personnel et des usagers. 

Parfois, lorsque la nostalgie est à son summum, je me tourne vers ce qui est un peu plus familier.



Une chose est sûre, rester à l'intérieur et me morfondre en pensant à la maison ne réglera rien... Parce que " le temps que je perds à m'empêcher d'exister ne peut être récupérer. Le temps s'écoule, passe et file... tic tac, tic tac..."

samedi 12 septembre 2015

Les premiers ( 1ère partie)



Arrivée à Toronto,  je me sentais mieux. J'avais encore les jambes qui tremblaient mais je ne pleurais plus. J'avais accès au Lounge d'Air Canada alors je m'y suis installée. Je n'ai rien mangé, mon estomac était encore noué.
Une dizaine de minutes avant l'embarquement, je me suis dirigée vers  les portes assignées. Je trouvais qu'il y avait beaucoup de gens... J'ai compris par la suite... L'avion est énorme (Boeing 7777)!!!

J'étais très confortable dans la classe affaire!!




Le rhum et coke était fort mais ça m'a aidé à relaxer.

Il y a des étoiles au plafond pour nous aider à dormir!

Après treize heures de vol, j'étais finalement arrivée à destination. J'ai réussi! JE SUIS À ABU DHABI!!! J'ai été accueillie par une dame qui avait mon nom sur une feuille. Après une très courte visite aux douanes, elle m'a accompagné vers la sortie ou un chauffeur d'attendait. Il m'a dit : " Wait for me here!" Je ne comprenais pas pourquoi, il me faisait attendre alors que la voiture était à quelques pas. Lorsque je suis sortie, j'ai compris... J'avais l'impression de sortir un plateau du four programmé à 400 degrés Celsius!!! La chaleur était intense mais je crois que je  me suis vite habituée. Le mercure était à 35 degrés, 42 avec le facteur humidex.

Ce qui m'a frappé le plus une fois sur la route vers mon condo est le mélange de verdure et de sable dans le paysage... magnifique!






Aussitôt arrivée à ma chambre, j'ai averti quelques amis et membres de ma famille, pris une douche et dodo! Malgré le fait que j'ai dormi dans l'avion j'avais l'impression de ne pas avoir dormi. Le décalage horaire a déréglé mon cerveau. Le soleil brillait de plein feu à 14h mais mon corps disait:" il est 6h laisse moi dormir!!" C'est une sensation insupportable. Le lendemain, j'en avais des migraines. Apparemment chaque heure de décalage représente le nombre de jours pour un rétablissement complet. Je vous laisserai savoir...

D'ici là, j'ai encore de la difficulté à croire que je suis de l'autre côté de la planète. Pour ce qui concerne la communication avec mon entourage, je dois avouer que je trouve ça compliquer... Je suis quelqu'un qui est très proche de son téléphone ( qui ne l'est pas en 2015??). Je réponds mes textos rapidement et si ce n'est pas le cas, soit que je travaille, dort, ou je fais un jeun de la technologie ( oui ça m'arrive). Alors ne pas pouvoir communiquer en direct, attendre une heure décente avant d'avoir une réponse, pour moi je trouve ça dure. Mais quand je commence à avoir le blues ( oui, déjà...), je regarde par mon balcon 




Et je me dis: " Sais-tu combien de gens n'osent réaliser leurs rêves? You are right there, Baby! So, sit and enjoy the view!" 


samedi 5 septembre 2015

Les derniers

Les activités quotidiennes ne sont plus routiniers lorsqu'on sait que c'est la dernière fois qu'on les exécute.

Le dernier son d'alarme matinal

Ça y est... La dernière fois que je me lève par mon alarme de cellulaire pour travailler à Montréal. La mélodie a l'air différente. Ma routine matinale était plus longue que d'habitude. Je voulais profiter de chaque seconde.

Je n'ai pas vu la journée passée.J'ai pris soin de profiter de chaque instant et parler avec le plus de collègues possible. J'étais excitée de partir à l'aventure et partager mon expérience.


La dernière descente

J'appuie sur la flèche du bas. La porte d'ascenseur s'ouvre presque instantanément.
"Nous descendons. Going down"
Les portes se referment et là, ça été plus fort que moi. Consciente que je suis toute seule, je fonds en larmes. Mais qu'est ce que je suis en train de faire?? Pourquoi déranger une situation confortable??

"A comfort zone is a beautiful place but nothing ever grows there..."

"Rez de chaussée. Main floor"

J'ai pris une grande respiration, ravalé mes sanglots et j'ai le chemin du retour... Pour une dernière fois...


Dernière surprise


J'ai eu un superbe party d'au revoir!!! J'ai pu voir pour une dernière fois collègues et amies. J'ai été touchée par cette attention de ma famille et mes amis. J'avais l'impression que c'était leurs manières de me montrer le reflet de mon amour dans leurs vies.



Dernière marche sur le sol montréalais

J'ai salué mais amies pour une dernière fois avant de passer la zone de sécurité. Je me suis installée au Air Canada Lounge. J'ai le droit à un déjeuné mais mon estomac est tellement noué que rien va pouvoir rentrer. Une quarantaine de minutes avant mon escale à Toronto, je marche sur une passerelle vers l'avion. C'est à ce moment exactement que j'ai réalisé l'ampleur de ma décision. Mes jambes tremblaient, ma respiration était superficielle et ma vision était embrouillée par des larmes. L’hôtesse de l'air m'a accueillie avec un sourire mais en voyant mon état elle m'a mise à part et m'a offert son aide. Je lui ai expliqué entre deux sanglots que je suis en crise de panique. Elle m'a invité à prendre de grandes respirations. Elle a été un ange. J'ai pris place en respirant profondément en tenant ferme sur mes jambes sans pouvoir contrôler mes larmes. J'ai envoyé quelques textos pour aviser que j'étais dans l'avion tout en essayant de contrôler les séquelles de ma panique.

 "Dieu, protège-moi" " Ne crains rien, Je suis avec toi..."

J'ai reçu un "Tout va bien aller" en réponse à un de mes textos. Au même moment, l'hôtesse dépose un verre de vin (yes!!) en disant "Tu vas voir, c'est tellement beau la-bas. Tout va bien aller"

J'ai décidé de tout laisser à Montréal : peur, anxiété, soucis, doute. Au moment du décollage, j'ai mis toute ma concentration sur les beautés, les merveilles qui m'attendaient déjà de l'autre côté. 

Je suis maintenant prête à vivre cette enrichissante aventure!
A bientôt Montréal!